La chèvre Alpine

Au Dourmidou nous élevons des chèvres depuis plus de 30 ans, nous avons choisi la race Alpine pour sa rusticité et sa production laitière.

La chèvre Alpine est une des plus répandue en France avec environ 450 000 têtes dont moins d’une centaine au Dourmidou! Ceci s’explique par son adaptabilité aux différents modes d’élevage aussi bien intensif (sans pâturage) qu’extensif (avec pâturage) comme chez nous! Elle est originaire, comme son nom l’indique, des Alpes.

C’est une race laitière dont la production moyenne dépasse les 700 litres de lait par lactation grâce à une sélection des meilleures animaux au niveau national depuis les années 70. Schéma de sélection auquel nous adhérons.

Les femelles pèsent entre 50 et 75 kg et les boucs peuvent dépasser les 100 kg.

Leur couleur varie du beige au noir, avec ou sans tâches (pie), avec ou sans poils blancs mélangés (givrée), la robe la plus répandue étant chamoisée (corps marron avec les pattes noires et une raie noire sur le dos).

Le climat montagnard de notre région nous oblige à conduire le troupeau différemment selon les saisons.

En hiver, les chèvres restent à l’intérieur des premières neiges (mi-décembre environ) jusqu’au printemps (mi-avril). C’est la période où les chèvres terminent leur gestation et où débutent les mises bas, de janvier à fin mars.

Après 5 mois de gestation les chèvres mettent au monde entre 1 et 3 chevreaux. Nous séparons les petits des chèvres le jour de la naissance pour plusieurs raisons :

  • certaines maladies se transmettent par les léchages et par le colostrum (premier lait). C’est pourquoi nous donnons nous même le colostrum au biberon après l’avoir débarrassé des microbes qu’il peut contenir par traitement thermique (chauffage).
  • de cette manière nous nous assurons des quantités bues par les chevreaux
  • cela permet par la suite d’avoir des chèvres très dociles et câlines.
  • avoir le lait pour la fabrication des fromages

C’est à partir de ce moment que nous reprenons la traite matin et soir et que nous recommençons les fabrications des fromages.

Sur les quelques 130 naissances tous les ans, nous gardons pour nous une vingtaine de femelles et un mâle. Nous leur donnons le biberon jusqu’au sevrage vers 2 mois après quoi elles mangent notre foin et des céréales.

Les autres sont vendus rapidement pour être engraissés pour la viande.

En hiver les chèvres mangent uniquement du foin en majorité produit sur la ferme, que nous distribuons en plusieurs repas. Ainsi qu’un mélange de céréales à chaque traite (matin et soir).

Ce mélange est composé de triticale (sorte de blé) produit sur la ferme, d’un granulé du commerce (riche en protéines) certifié sans OGM et sans huile de palme, de grains de maïs et de graines de tournesol.

Lorsque les beaux jours arrivent nous commençons à faire sortir les chèvres au pré, dans un premier temps seulement 1 à 2 heures par jour en augmentant progressivement afin de faire une transition alimentaire douce pour éviter des troubles digestifs aux chèvres.

A partir de cette période les chèvres mangent à la fois du foin, de l’herbe et toujours les céréales.

L’été nous faisons sortir les chèvres au maximum, elles pâturent plusieurs heures par jour et ont du foin la nuit. Et le complément de grains au moment de la traite.

Au mois d’août c’est le début de la période de reproduction, un quart des chèvres est inséminé artificiellement. Ensuite nous mettons les boucs dans le troupeau de chèvres. Ils s’occupent de saillir les chèvres non inséminées ainsi que celles dont l’insémination n’a pas marché (pas de fécondation).

A partir de la fin de l’été la production laitière des chèvres baisse progressivement jusqu’à la mi-octobre où nous tarissons les chèvres (arrêt de la traite). Les boucs restent avec les chèvres jusqu’au mois de novembre afin de s’assurer que la totalité des chèvres sera gestante pour l’année d’après.

Nous faisons pâturer les chèvres au maximum jusqu’aux premières neiges.

La traite

Chez nous la traite se fait grâce à une machine, cela nous permet de gagner du temps et de pouvoir la réaliser seul.

Il nous faut une heure matin et soir pour traire nos 80 chèvres, à chaque traite nous récoltons entre 60 et 120 litres de lait, soit 120 à 240 litres par jour, selon la saison entre les mois de janvier et octobre. Les 2 ou 3 dernières semaines de traite avant le tarissement (arrêt de la traite), nous ne les trayons plus que le matin.

La période où les chèvres produisent le plus (pic de lactation) est aux mois de mars, avril et mai. Nos chèvres produisent entre 2 et 4 litres chacune par jour.

Les chèvres montent sur le quai de traite par 20, là elles s’attachent dans le cornadis et mangent le grain, pendant que le trayeur branche les machines qui aspirent le lait des mamelles. Pour vider les pis il faut compter quelques minutes, ensuite le trayeur débranche la machine et la rebranche sur la chèvre voisine. Ainsi de suite jusqu’à avoir trait toutes les chèvres.

Après la traite le lait est tout de suite utilisé à la fromagerie et la tuyauterie de la machine à traire nettoyée automatiquement.